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Mer agitée pour les constructeurs navals

Les constructeurs navals du monde entier traversent une période difficile. La demande devrait diminuer légèrement au cours des prochaines années avant d’atteindre un sommet en 2004. Telles sont les perspectives annoncées lors de la réunion de décembre du Groupe de travail de l’OCDE sur la construction navale. Le rythme des commandes a beau avoir été relativement soutenu en 2000 et les prix ont beau s’être redressés, la plupart des constructeurs navals n'ont pas pour autant retrouvé le chemin de la rentabilité, et les prévisions de la demande ne sont guère encourageantes.
La demande devrait culminer à environ 20 millions de tonnes brutes compensées (tbc) en 2004, soit un niveau légèrement supérieur aux 18,4 millions de tbc estimés pour 2000, a déclaré le président du Groupe de travail, Salvatore Salerno. Mais elle pourrait atteindre 21,7 millions de tbc si les propositions de l’Organisation maritime internationale d’accélérer l’élimination de certains pétroliers à simple coque, formulées à la suite des récents naufrages de pétroliers, étaient adoptées.Le problème est que les capacités de construction navale devraient augmenter durant les cinq prochaines années, alors que les capacités existantes permettent déjà amplement de faire face au pic prévu de la demande. Le marché a enregistré une forte reprise ces derniers mois, les transporteurs affichant les recettes les plus élevées depuis 30 ans, mais les prix encore inférieurs de 20 % à leur niveau de 1997 n’ont dans l’ensemble pas permis aux constructeurs de renouer avec les bénéfices.Le Groupe de travail est convenu d’actualiser l’Arrangement de 1981 concernant les crédits à l’exportation de navires, en attendant la mise en œuvre de l’Accord de 1994 sur la construction navale. Ce dernier vise à mettre fin à l’octroi de subventions et à appliquer au secteur de la construction navale les dispositions antidumping, étayées par un mécanisme contraignant de règlement des différends. Cet accord n’est pas encore entré en vigueur : même s’il a été ratifié par l’Union européenne, le Japon, la Corée et la Norvège, les États-Unis doivent encore préciser leur position.