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Après la Coupe

L’organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud fait écho à la transformation qu’a vécue le pays depuis le régime d’apartheid dans les années 1990. Cela dit, la pauvreté persiste : quelque 54 % des Sud-Africains sont pauvres, c’est-à-dire qu’ils vivent avec 4 dollars par jour ou moins, d’après la définition nationale de la pauvreté.

Et la pauvreté et les inégalités sont toujours le reflet de l’origine ethnique, comme l’indique le graphique. Si l’accès généralisé aux services tels que le logement, l’eau et l’électricité a considérablement progressé, le lien entre origine ethnique et pauvreté reste fort vis-à-vis des standards internationaux, et les salaires des Sud-Africains noirs sont toujours à la remorque de ceux des Blancs et des Asiatiques.

De plus, les inégalités au sein des groupes ethniques, en particulier de la communauté noire africaine, se développent elles aussi. Pour l’Afrique du Sud dans son ensemble, le coefficient de Gini, l’une des mesures les plus solides des inégalités, est passé de 0,66 à 0,70 entre 1993 et 2008, ce qui reflète une augmentation des inégalités. Mais l’augmentation a été encore plus marquée, de 0,54 à 0,62, dans la communauté africaine elle-même. Cette évolution de la pauvreté ne sera pas sans effet sur la façon dont l’Afrique du Sud combat les inégalités. Comme le remarque un rapport pour l’OCDE récent, « plutôt que de cibler l’action en fonction des origines ethniques, les programmes pourraient être plus efficaces s’ils étaient concentrés sur les inégalités au sein même des groupes sociaux. »

Voir www.oecd.org/afriquedusud et www.oecd.org/statistics/factblog


Leibbrandt, Murray et Ingrid Woolard, Arden Finn et Jonathan Argent (2010), « Trends in South African Income Distribution and Poverty since the Fall of Apartheid », document de travail de l’OCDE : questions sociales, emploi et migration, n°101, Paris.


©L'Observateur de l'OCDE n°280, juillet 2010