Observateur OCDE
Home
Menu

Pénurie d’adresses Internet

Pendant l’expansion des télécoms voici 10 ans, les villes à travers le monde ont été confrontées à une pénurie de numéros de téléphone. Des nouveaux codes d’accès et des numéros plus longs ont été introduits pour répondre à la demande croissante.
Internet est maintenant confronté à un défi comparable, car les adresses viennent à manquer. Presque 85 % de toutes les adresses Internet disponibles étaient déjà utilisées en mai 2008, et les experts prévoient que, si l’évolution actuelle se poursuit, les adresses viendront à manquer en 2011. Cela pourrait signifier que de nouveaux internautes ou équipements mobiles ne pourraient pas se connecter.La réponse n’est pas la même qu’avec les numéros de téléphone. Il faut dans ce cas ouvrir un nouveau protocole Internet, ce qui reviendrait à ouvrir une nouvelle « super-autoroute », destinée à remplacer progressivement l’autoroute de l’information actuelle. Aujourd’hui, la plupart des adresses utilisent la version 4 du protocole Internet (IPv4). Ce système est aussi vieux qu’Internet, et commence à montrer des signes de fatigue.Selon l’OCDE, il est grand temps de migrer vers une nouvelle version, l’IPv6. Non seulement celle-ci fournirait un nombre illimité d’adresses Internet, mais elle accompagnerait l’introduction du haut débit, des téléphones mobiles connectés à Internet et des réseaux de capteurs, permettrait un meilleur acheminement et l’offre de nouveaux services. Selon l’OCDE, pour que l’IPv6 voie le jour, les gouvernements et partenaires privés doivent davantage travailler ensemble pour encourager la transition et sécuriser l’avenir de l’économie Internet.L’IPv4 continuera à fonctionner parallèlement à l’IPv6 pendant quelque temps, mais la migration doit être préparée. Les fournisseurs d’accès ont été réticents à investir car la demande des consommateurs est faible. Il faut les convaincre que la migration représente une opportunité d’investissement commercial et social plus qu’une charge financière. Les gouvernements pourraient encourager ceci en stimulant la demande d’IPv6 à travers leurs marchés publics et leurs partenariats publics-privé dans la R-D.Certains pays ont déjà commencé à déployer des réseaux IPv6. La Corée s’est ainsi engagée à convertir les équipements Internet des institutions publiques à l’IPv6 d’ici 2010, et à installer un équipement IPv6 dans chaque réseau de communications nouvellement construit. L’entreprise de télécommunications japonaise NTT, par exemple, utilise l’IPv6 pour relier des milliers de capteurs sismiques à travers un système informatique qui envoie des alertes automatiques vers les programmes de télévision. Ce type d’application nécessite des millions d’adresses, et ne serait donc pas possible sur IPv4. Le gouvernement américain a décidé que tous les réseaux Internet de chaque agence gouvernementale seraient compatibles avec l’IPv6 en juin 2008 au plus tard. La Commission européenne subventionne également des projets de recherche et examine les moyens d’accélérer le déploiement de l’IPv6. Le gouvernement chinois a commencé à introduire un réseau IPv6, appelé China Next Generation Internet, et testera des appareils mobiles et des systèmes intelligents de transport et de sécurité en IPv6 à l’occasion des Jeux Olympiques de 2008.Pour plus d’informations sur l’IPv6 à l’OCDE, voir www.oecd.org/sti/tic et écouter le podcast. Voir aussi la multitude de sites expliquant le fonctionnement de l’IPv6 sur Internet.Contacter également Karine.Perset@oecd.org, de la division des Politiques de l’information et des communications de l’OCDE.©L’Observateur de l’OCDE n° 268, juillet 2008