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Road Safety Performance, National Peer Review: Russian Federation
Lors de la mort tragique du ministre irlandais Liam Lawlor dans un accident de voiture à Moscou en octobre 2005, les journaux locaux ont souligné que ce genre d’accidents était fréquent sur ces boulevards, à cause de la conduite souvent dangereuse des Moscovites. À l’heure où le reste de l’Europe attache sa ceinture de sécurité, la Russie commence à peine à se rendre compte de ses chiffres alarmants en matière de sécurité routière.
La Conférence européenne des ministres des Transports (CEMT) souligne que, parmi ses pays membres, la Fédération de Russie a le plus grands nombre de morts sur la route, avec 35 000 tués chaque année. Cela correspond à un ratio de 24,59 morts pour 100 000 personnes. Ce chiffre est de 14,66 aux États-Unis, de 10,16 en France et de 5,92 en Suède.Le rapport intitulé Road Safety Performance: Russia est un examen par les pairs sans précédent, fruit d’une collaboration avec la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé et la CEMT. Il suggère que l’augmentation des accidents de la route en Russie et dans toute l’Europe centrale et orientale depuis les années 90 pourrait être liée en partie à la croissance économique. Outre la vitesse excessive, il montre du doigt l’alcool, le refus de porter les ceintures de sécurité, et l’application insuffisante des lois, de même qu’une infrastructure inadaptée. Le directeur russe de la sécurité routière notait en 2004 qu’« un kilomètre sur 4 du réseau routier nécessitait des améliorations ».Il s’agit surtout d’un problème urbain, et plus de 12 % des accidents ont lieu dans Moscou et ses environs. Selon le rapport, les accidents graves pourraient être évités grâce à une véritable volonté politique. La France pourrait servir d’exemple : en 2002, le Président Chirac a mis en place un plan national de sécurité routière, afin de réduire la vitesse excessive dans les villes et sur les autoroutes, et de faire baisser le nombre de tués sur la route. Grâce à des radars, à la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation, à un système d’interrogation à distance des permis de conduire, et grâce à la sensibilisation du public, le nombre de morts sur la route avait baissé de 21 % en 2003. La tendance a continué à s’améliorer depuis.Disponible en anglais uniquement. ISBN 9282103552.
Voir aussi Short, Jack (2004), « Sécurité routière : un enjeu de santé publique », L’Observateur de l’OCDE n° 243, mai. ©L’Observateur de l’OCDE, n°255, mai 2006