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Statistiques et réalité

Courrier des lecteurs
J'ai été quelque peu surpris des réponses à propos de la valeur des statistiques que vous donnez dans votre dernier numéro (« Statistiques et réalité », L'Observateur de l'OCDE, n° 244). Vous dites qu'il existe souvent un écart entre les chiffres officiels et la réalité telle que la perçoit le public, et que cela est particulièrement vrai quand il s'agit d'évaluer le taux d'inflation.
Il est probablement exact que les particuliers, dans leurs achats au quotidien, ainsi que les associations de consommateurs, se font une fausse idée du taux d'inflation parce qu'ils ne considèrent qu'une gamme restreinte de produits. Les institutions qui, comme l'OCDE, s'occupent de statistiques peuvent sans doute obtenir des chiffres plus proches de la réalité.À mon avis, vous soulevez la bonne question : peut-on utiliser un indice des prix qui prendrait davantage en compte les préoccupations quotidiennes des gens ? Mais en réponse à cela, votre expert se contente d'affirmer que particuliers et associations de consommateurs sont moins à même que les statisticiens de se faire une idée exacte de l'inflation. En fait, l'utilité des statistiques serait probablement plus largement reconnue si les statisticiens étaient capables de s'adresser en personne à des publics plus vastes, et de répondre aux questions posées plutôt que de les rejeter en bloc.L'enjeu pour les statisticiens consiste à bien cibler leur public. Les institutions compétentes ne pourraient-elles pas faire une distinction entre les préoccupations des décideurs - qui ont parfois besoin d'une représentation macroéconomique de la réalité - et les soucis des particuliers dans leur vie quotidienne ? Il serait injuste d'accuser en bloc les médias car, hormis certains gros titres parfois trompeurs, les journaux sérieux diffusent des données de qualité. L'OCDE a d'ailleurs largement bénéficié de cette publicité au fil des ans. S'il est peu vraisemblable que des millions de collecteurs de statistiques complotent pour truquer les données, il n'est pas impossible - et il est même important - qu'ils soumettent leurs méthodes à l'examen du public et qu'ils en changent éventuellement. Après tout, c'est de notre argent qu'il s'agit !René Verdier Paris, France© L’Observateur de l’OCDE, N°245, Novembre 2004