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Argentine : l'école en crise

Courrier des lecteurs
Votre rapport Regards sur l’éducation 2004 met en évidence le sérieux retard des étudiants argentins, non seulement par rapport à ceux des pays de l’OCDE, mais aussi par rapport à ceux de certains pays « émergents ». Trouver un emploi relève du parcours du combattant pour un nombre croissant de jeunes argentins dont le faible niveau d’instruction sape les perspectives d’évolution économique du pays. Dernièrement, les chefs d’entreprise locaux déploraient la pénurie de candidats compétents, même pour les emplois exigeant un faible niveau de qualification.
Une enquête réalisée récemment par le ministère de l’Éducation a souligné l’asymétrie actuelle entre l’offre et la demande sur le marché argentin du travail. Plus de 80 % des offres d’emploi publiées dans les quotidiens de Buenos Aires demandent des diplômés du 2ème cycle du secondaire, niveau que la majorité des chômeurs indemnisés n’ont pas atteint.Parmi les personnes en âge d’avoir un diplôme de fin d’études secondaires, à peine 41 % en sont titulaires, contre une moyenne de 81 % pour les pays de l’OCDE. Mais outre l’inquiétude suscitée par le taux de déscolarisation, tant chez les éducateurs que chez les employeurs ou dans les pouvoirs publics, la faible maîtrise des savoirs fondamentaux des élèves qui restent scolarisés est une source de grande préoccupation.En Argentine, les jeunes de 15 ans veulent réussir comme tout un chacun. La plupart de ceux à qui on pose la question espèrent devenir des travailleurs hautement qualifiés vers l’âge de 30 ans. Ne réduisons pas leurs espoirs à néant. Les entrepreneurs locaux devraient investir davantage dans ce capital « dormant ». Après tout, c’est l’avenir de l’Argentine qui est en jeu.Jorge San Pedro, Buenos Aires © L’Observateur de l’OCDE, N°244, Novembre 2004